Le billet du lundi : Aloha Hawaii

Portons notre regard de la semaine sur les petites îles de Hawaii, sur lesquelles s’est penché le cabinet d’expertise indépendant Rhodium Group. Hawaii fut longtemps connu pour souffrir des prix d’électricité les plus hauts et les plus instables des Etats-Unis, jusqu’à des prix plus de 260% plus chers que dans le reste du territoire fédéral, les péréquations tarifaires alignant les prix des zones non interconnectées sur les prix métropolitains étant appliquées en France mais pas aux Etats-Unis.

En 2008, l’Etat de Hawaii et le Ministère américain de l’énergie (Department of Energy-DOE) concluaient un accord (Hawaii Clean Energy Initiative) pour engager de manière irréversible le système électrique vers la production renouvelable. De 6% en 2008, cette production est passée aujourd’hui à 25%. Depuis une loi de l’Etat de Hawaii de 2015, l’objectif est de 100% pour 2045.

L’étude de Rhodium Group conclut à l’intérêt économique d’accélérer cette transition. Alors que la trajectoire prévue est de 40% de renouvelable en 2030, Rhodium Group assure qu’en fonction des scénarios de prix des énergies renouvelables et du pétrole, l’optimum économique pourrait s’établir entre 58 et 84% de renouvelable en 2030. Le groupe voit également de forts bénéfices sociaux dans l’accélération de la stratégie renouvelable par l’effet immédiat de créations d’emplois de qualité à bonne rémunération (2000).

Les îles sont un laboratoire passionnant pour la concrétisation de la transition énergétique. Les pollutions issues des techniques de production énergétiques anciennes, particulièrement ressenties par des populations concentrées, deviennent insupportables, en un temps où les coûts des énergies renouvelables peuvent fournir des réponses immédiates aux attentes des citoyens. Le rapport sur Hawaii pointe particulièrement l’intérêt, pour ces territoires où les trajets sont plus courts, des mobilités propres (particulièrement électriques), dont le rapport entre l’investissement et le bénéfice environnemental est particulièrement évident. Voilà un sujet dont les déclinaisons pourront être utilement mises en parallèle entre les Etats-Unis et la France, tout en sachant que les divers territoires ont des dimensions et des caractéristiques particulières.
Les zones non interconnectées sont, on le dit souvent, des laboratoires. Elles ne doivent pas être les cobayes d’expériences incertaines, mais les lieux avant-gardistes de nos réussites et de nos fiertés.

Lien vers l’étude Rhodium Group : https://rhg.com/research/transcending-oil-hawaiis-path-to-a-clean-energy-economy/